La vie professionnelle au Canada

Avant même mon départ, cette nouvelle expérience en Amérique allait bien évidemment se traduire aussi par une nouvelle expérience professionnelle. Et des changements, il faut être honnête, il y en a ! Et pour une bonne majorité d’entre-eux, ce n’est pas plus mal je trouve.

“On démarre tôt, on finit tôt” : bien que les horaires soient très souples, j’ai préféré faire en sorte de m’intégrer du mieux possible en procédant “à la québécoise”. Cela signifie arriver assez tôt, généralement vers 8h30. Prendre 30/45 min max pour le lunch et quitter…. assez tôt aussi ! Un employé qui part tard tous les jours peut être perçu comme peu efficace dans son travail. Ici, on veut que vous soyez frais pour le lendemain donc pas question de quitter à 19h !
“Bon feeling entre nous mais on reste collègues.” Si vous pensez vous faire de nouveaux amis au taf, ne vous réjouissez pas trop vite. Je ne dis pas que l’ambiance est mauvaise et qu’on est tous solitaire. En revanche, on ressent davantage la “barrière professionnelle”.

Ici, vous avez vos relations professionnelles ET vos relations personnelles. Les deux se passent très bien mais diffèrent en tout point : sympathiser avec un collègue de travail prend du temps et on peut se méprendre à cause de la “pseudo ambiance souple” qui règne au sein de l’entreprise. N’oublions pas qu’on a affaire à une culture nord-américaine.
“On se rencontre demain et on fait le point en 30 min” : c’est quelque chose que j’adore ici. Prévoir une réunion ? Ok mais il faut le justifier et à la fin, une décision doit être prise. Les québecois détestent perdre leur temps en réunion au travail. Bref, si vous souhaitez faire un meeting juste pour chipoter sur le fait que vous n’aimez pas le jaune de l’arrière plan du site, vous pouvez sortir…
“Mais pourquoi dis-tu cela ? Je ne comprends pas” : je dis souvent que le seul point commun entre le Canada et la France est la langue française. Et encore, ce n’est pas toujours vrai. Certaines expressions utilisées couramment en France peuvent avoir une signification totalement différente ici. Ainsi, on ne dira pas “ma femme a accouché de 2 gosses” ou encore “En ce moment, c’est vraiment la dèche pour moi”… Je me suis fait avoir une fois, mais en tant que français, on vous pardonnera au début, pas de souci 🙂 .

“Ce que tu dis a du bon sens. Alright, let’s go !” : j’ai remarqué que les québécois apprécient la prise d’initiative. Depuis que je suis ici, le fait d’être pro-actif est très bien vu, à condition bien sur d’être objectif dans ses choix. Vous avez une idée qui sort de l’ordinaire ? Quelque chose qui risque de faire du bruit au niveau politique mais qui vaut peut-être le coup pour l’intérêt de l’entreprise ? On vous écoutera et non on ne vous coupera pas la tête.

Bref, l’expérience professionnelle que je vis ici est très intéressante. J’apporte mon expertise dans mon domaine, j’apprends de nouvelles choses et il y a pas mal à construire.

À suivre…